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L'explosion d'AZF Toulouse
Elle était, paraît-il, l'un des complexes industriels les plus surveillés de France. Une semaine après son explosion, l'usine AZF d'Atofina (filiale du groupe TotalFinaElf), spécialisée dans la production d'engrais chimiques, n'est plus qu'un cratère de 50 mètres de diamètre, perdu dans la banlieue de Toulouse. Mais, au-delà de l'enquête qui privilégie à «99%» la thèse de l'accident, la sûreté des 1 249 autres sites dits «à risques majeurs» est ainsi lourdement remise en question.
65 000 autres sites "plus dangereux'' ont été soumis à une autorisation
Jusqu'à ce drame, l'un des plus meurtriers de l'après-guerre (une trentaine de morts déjà, sans doute plus, tant les blessés les plus graves sont atteints, et plusieurs milliers d'autres victimes).
La France pourtant s'était dotée depuis 1976 d'une loi relative aux installations classées pour la protection de l'environnement. Il a tout de même fallu attendre 1982, puis 1996 et deux directives européennes dites «Seveso 1» et «Seveso 2» (du nom de la ville italienne victime d'un accident chimique en 1976) pour renforcer ce cadre législatif.
« L'Hexagone compte aujourd'hui un demi-million d'installations considérées comme "assez dangereuses'' et qui ont nécessité une simple déclaration avant leur mise en fonctionnement, précise Marie-Claude Dupuis, chef du service industriel au ministère de l'Environnement. Au-dessus, 65 000 autres sites "plus dangereux'' ont été soumis à une autorisation. Reste enfin, les usines "Seveso'', les "plus dangereuses'' faisant l'objet de mesures spécifiques.» Avant leur ouverture, celles-ci doivent fournir une étude de dangers renouvelable tous les cinq ans. A l'industriel de dresser une liste des accidents possibles, de leurs conséquences, et de faire état des moyens de secours à sa disposition. Cette clef de voûte de la prévention permet alors d'établir un plan d'opération interne (relatif à la sécurité à l'intérieur de l'établissement) ainsi qu'un plan particulier d'intervention (sous la responsabilité du préfet). Certaines de ces procédures devaient être réactualisées cette année.
Toulouse,
après l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001


